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Crise de l'eau : l'avertissement venu d'Afrique du Sud

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Alors que le changement climatique entraîne des pluies diluviennes dans certaines régions d'Afrique, elle se traduit par une sécheresse persistante sur son cône sud.

Face à la presse lundi dernier, Lindiwe Sisulu, la ministre sud-africaine de l'Habitat et de l'Eau, a tenté tant bien que mal de peser chacun de ses mots. Objectif : ne pas créer la panique. Pourtant, l'heure est grave. L'Afrique du Sud connaît un stress hydrique inédit après un été anormalement chaud et sec, une pluviométrie inférieure à la moyenne et une augmentation de la consommation d'eau. Les niveaux des barrages à travers le pays ont chuté de 10 à 60 % par rapport à 2018, selon un rapport récent du département des eaux. 

« Les précipitations sont de plus en plus difficiles à prévoir. Ce que nous constatons, à l'instar d'autres régions du monde, c'est que la saison sèche devient plus longue, plus rude et plus intense. Le changement climatique est une réalité et affecte l'Afrique du Sud », a expliqué la ministre, citée par l'AFP. Or l'accès à l'eau dépend de trois facteurs distincts, mais interdépendants. Le premier et le plus évident est le niveau des précipitations. Le deuxième est la conception des systèmes de distribution d'eau et le troisième est la manière dont les gens réagissent lorsqu'il y a pénurie. Pour éviter le pire, les autorités ont décidé de prendre les devants. « Nous travaillons dur pour éviter le redoutable phénomène du jour zéro et nous avons donc annoncé des restrictions d'eau », a fini par lâcher Lindiwe Sisulu au bout d'un long face-à-face avec les médias. Officiellement, les autorités sud-africaines ont imposé des restrictions d'eau dans les principales villes du pays. Résultat : plusieurs zones du centre et du nord du pays ont été privées d'eau ces derniers jours alors que l'Afrique du Sud est en proie à une vague de chaleur. Un scénario qui n'est pas sans rappeler ce qui s'est passé l'an dernier dans la ville du Cap, à la pointe sud-ouest de l'Afrique du Sud, 4 millions d'habitants. En 2018, la ville a échappé de justesse au jour zéro, au prix de restrictions d'eau drastiques toujours en vigueur. Selon Garth Sampson, porte-parole du bureau météorologique sud-africain de Port Elizabeth, « nous devons faire passer le message. C'est terrible. Cela ne va pas disparaître. Beaucoup de records sont battus ».

Pour le Dr Piotr Wolski, responsable de la recherche (hydro-climatologie) au sein du groupe d'analyse du système climatique de l'UCT, la sécheresse est un phénomène climatique naturel et ancien. Mais celui-ci est exacerbé par le changement climatique. « Les systèmes d'approvisionnement en eau doivent être conçus en tenant compte des années de sécheresse. De cette manière, il est possible de gérer l'impact de la baisse des précipitations pendant une sécheresse. C'est ce qu'on appelle le «  niveau d'assurance de l'offre ». Mais, si les systèmes d'eau craquent et sont cassés, les effets de la sécheresse s'exacerbent et la crise climatique se fait sentir directement, comme cela se passe actuellement dans le Cap-Oriental. Cela conduit à des pénuries critiques ressenties par les communautés et les agriculteurs », détaille le scientifique au journal Daily Maverick.

Sur le terrain, à Laudium, dans la banlieue de la capitale Pretoria, l'eau a cessé de couler des robinets la semaine dernière en raison de la défaillance des installations du principal distributeur d'eau du pays, Rand Water. Pour son PDG, Sipho Masai, la demande est devenue trop forte. « Nous avons constaté que la consommation telle que nous la voyons aujourd'hui a grimpé en moyenne à 5 000 millions de litres d'eau par jour. Normalement, la consommation quotidienne moyenne est de 4 368 millions de litres par jour. »

Ailleurs, comme dans les provinces du Cap-Oriental et du Cap-Occidental, la sécheresse a ruiné les récoltes et provoqué la mort de troupeaux de bétail. « Les pluies ne sont pas attendues avant décembre, nous avons donc devant nous une longue période de saison sèche », a prévenu la ministre, qui doit annoncer un plan sur l'approvisionnement en eau le mois prochain. Le réchauffement climatique a des effets dévastateurs sur toute l'Afrique australe, aggravés par le phénomène météorologique cyclique El Niño. Les images du cyclone Idai, qui a dévasté Madagascar, le Malawi, le Mozambique et le Zimbabwe, sont encore gravées dans les mémoires. Il avait aussi frappé le KwaZulu-Natal et le Cap-Oriental, deux régions d'Afrique du Sud. 

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